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À quelle heure se produisent le plus d’accidents de la route en France ?

7 heures du matin, midi, 18 heures ou en pleine nuit : existe-t-il vraiment une heure à laquelle prendre la route devient plus dangereux ? Les données françaises sur les accidents corporels montrent que le risque n’est pas réparti uniformément au cours de la journée.

Et contrairement à une idée assez répandue, ce n’est pas nécessairement au milieu de la nuit que la mortalité routière atteint son maximum.

Les trajets domicile-travail, la densité de circulation, la luminosité ou encore les déplacements du week-end font apparaître des périodes beaucoup plus sensibles que d’autres.

17 h-18 h : le créneau qui ressort dans les statistiques

Le bilan 2024 de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) apporte une réponse particulièrement claire : le créneau compris entre 16 h et 18 h est celui durant lequel on recense le plus de personnes tuées sur les routes, aussi bien en semaine que le week-end.

En semaine, le pic est particulièrement marqué entre 17 h et 18 h.

Sur l’ensemble de l’année 2024, 170 personnes ont perdu la vie dans un accident survenu entre 17 h et 18 h en semaine.

À titre de comparaison, le créneau compris entre 4 h et 5 h du matin n’a enregistré que 26 décès en semaine.

Le rapport est donc supérieur à six.

Ces chiffres permettent de mieux comprendre l’intérêt d’étudier les accidents autrement que par leur seule localisation. Les données détaillées accessibles sur l’observatoire des accidents de la circulation en France permettent notamment d’examiner les accidents corporels enregistrés dans la base BAAC à différentes échelles territoriales.

Pourquoi la fin d’après-midi est-elle si sensible ?

Le phénomène n’a rien de mystérieux.

Entre 16 h et 19 h se superposent de nombreux déplacements : sorties des établissements scolaires, fins de journée de travail, courses, activités sportives et trajets de loisirs.

Le nombre d’usagers présents simultanément sur les routes augmente donc fortement.

À cette densité s’ajoutent d’autres facteurs possibles : fatigue accumulée pendant la journée, impatience dans les embouteillages, baisse de concentration et, selon la saison, diminution de la luminosité.

Il faut cependant rester prudent : constater davantage d’accidents ou de décès à certaines heures ne signifie pas que l’heure elle-même en est la cause. Elle correspond surtout à des périodes pendant lesquelles l’exposition au risque est particulièrement importante.

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L’hiver accentue le risque de fin de journée pour les piétons

Le passage à l’heure d’hiver constitue un exemple particulièrement révélateur.

Lorsque les horloges reculent d’une heure à la fin du mois d’octobre, la nuit tombe brutalement plus tôt. Une partie du pic de circulation du soir se déroule alors dans l’obscurité.

Selon l’ONISR, sur la période 2020-2024, le nombre d’accidents corporels impliquant un piéton pendant la pointe du soir, entre 17 h et 19 h, augmente de 34,9 % en novembre par rapport à octobre.

Le contraste est considérable.

L’organisme souligne également que les heures de pointe comprises entre 7 h et 10 h le matin et 17 h et 19 h le soir sont les plus accidentogènes pour les piétons pendant la période hivernale.

La visibilité constitue donc un enjeu majeur, notamment lorsque piétons, cyclistes et automobilistes partagent le même environnement.

La nuit reste pourtant particulièrement dangereuse

Dire que le pic de mortalité se situe en fin d’après-midi ne signifie évidemment pas que conduire la nuit soit sans risque.

La nuit cumule plusieurs difficultés : visibilité réduite, fatigue, éblouissement provoqué par les phares et, durant certaines périodes, davantage de comportements à risque.

Les statistiques territoriales permettent d’en mesurer l’importance.

Dans le Rhône, par exemple, 1 627 accidents corporels ont été recensés en 2024, faisant 2 129 victimes et 52 morts. Parmi ces accidents, 515 se sont produits de nuit, soit 31,7 % du total.

Les statistiques détaillées des accidents de la route dans le Rhône montrent également que 1 280 accidents, soit 78,7 %, ont eu lieu en agglomération.

Ces deux indicateurs ne sont évidemment pas exclusifs : un accident peut à la fois avoir lieu de nuit et en agglomération.

Le week-end présente un profil différent

L’horaire des accidents évolue également selon le jour de la semaine.

En semaine, les déplacements sont fortement structurés par les horaires professionnels et scolaires. Le pic de fin d’après-midi ressort donc très nettement.

Le week-end, la circulation est davantage répartie au fil de la journée et de la soirée.

En 2024, l’ONISR constate ainsi que la mortalité horaire du week-end varie de 24 décès entre 7 h et 8 h à 78 décès entre 17 h et 18 h.

En semaine, l’amplitude est nettement supérieure puisqu’elle varie de 26 morts entre 4 h et 5 h à 170 entre 17 h et 18 h.

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Autre enseignement : 9 personnes sont mortes en moyenne chaque jour sur les routes françaises en 2024. La moyenne était d’environ 8 décès par jour du lundi au jeudi, mais montait à 10 décès quotidiens du vendredi au dimanche.

Les déplacements de loisirs et les sorties du week-end modifient donc sensiblement le profil de l’accidentalité.

Le retour du travail, une période à surveiller particulièrement

Certaines analyses locales aboutissent au même constat.

Dans le Jura, l’étude cumulée des accidents de 2023 et 2024 montre par exemple que 37 % des accidents corporels se sont produits entre 15 h et 19 h.

Les créneaux 15 h-16 h et 17 h-18 h représentaient chacun environ 10 % des accidents recensés dans le département sur cette période.

À l’inverse, seulement 13 % avaient eu lieu entre 22 h et 7 h.

Une statistique locale ne peut pas être extrapolée mécaniquement à toute la France, mais elle illustre bien l’effet des déplacements de fin de journée.

Heure de l’accident et gravité ne doivent pas être confondues

Il existe enfin une distinction importante entre le moment où les accidents sont les plus nombreux et celui où le risque individuel peut être le plus important.

À 18 heures, énormément de véhicules circulent. Il est donc logique d’observer un grand nombre d’accidents.

À 3 heures du matin, les véhicules sont beaucoup moins nombreux. Un nombre brut d’accidents inférieur ne signifie donc pas nécessairement que chaque kilomètre parcouru soit moins risqué.

Pour calculer précisément un risque horaire, il faudrait rapporter le nombre d’accidents au volume de circulation et au nombre de kilomètres parcourus durant chaque tranche horaire.

Les données BAAC apportent néanmoins un enseignement très concret : la fin de journée constitue l’une des périodes clés de l’accidentalité routière française.

Entre trafic dense, fatigue et baisse de luminosité, la tranche 16 h-18 h mérite donc autant d’attention que les trajets nocturnes traditionnellement considérés comme les plus dangereux.

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